Pas la peine de nous faire
cette tête de condoléances,
De hausser les épaules,
de froncer les sourcils,
De lever les bras au ciel
ou de vous gratter le menton,
l'oeil goguenard.
Ni de filer en douce.
Les poètes c'est quoi ? Des rêveurs ?
Des songes-creux, des vagabonds, des pas-comme-les-autres,
qui marchent sur les eaux ou qui volent dans les nuages avec les oiseaux et les anges ?
Alors là non, faites excuse, mais vous n'y êtes pas du tout. Un poète, ça fait les courses et ça a mal aux dents, ça se soucie du chômage et du sida. Et quand il parle, dans ses poème, il parle des choses les plus banales, qui sont celle de tout le monde ( ... )
Non seulement le poète ne vie pas ailleurs, dans un beau rêve lointain, mais il n'y a pas plus passionné, plus curieux de ce qui se passe autour de lui.
La différence, il y en a une, c'est qu'il prend le temps d'en parler, d'y penser, de s'interroger : comme un enfant qui s'arrête devant le plus bête des cailloux sur le chemin et reste là, une heure peut-être, à le tourner et le retourner dans ses mains, à le peser, le caresser, le lancer, le regarder avec des yeux ronds comme des melons.
Pas la peine de nous faire
cette tête de condoléances,
De hausser les épaules,
de froncer les sourcils,
De lever les bras au ciel
ou de vous gratter le menton,
l'oeil goguenard.
Ni de filer en douce.